Binance en France après MiCA : ce que change l’absence d’agrément pour vos cryptos, comment retirer vos fonds et vers quels prestataires autorisés vous tourner.
Publicité et risques. Certains liens de cette page peuvent être des liens affiliés : GPTFrance peut percevoir une commission, sans surcoût pour vous. Les crypto-actifs sont des investissements très risqués, avec un risque de perte totale du capital ; ce contenu n’est pas un conseil en investissement. Depuis le 1er juillet 2026, seuls les prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) autorisés sous le règlement MiCA peuvent servir les clients français : consultez la liste blanche de l’AMF et le registre MiCA de l’ESMA.
Réponse courte. Non. Au 13 octobre 2026, aucune entité Binance ne figure dans le registre MiCA de l’ESMA ni sur la liste blanche PSCA de l’AMF. Depuis le 1er juillet 2026, Binance ne peut donc plus fournir de services sur crypto-actifs aux résidents français, comme Bitget, MEXC, BingX, HTX, BloFin, BitMart, Phemex et PrimeXBT. Trois options : transférer vers une plateforme autorisée, vers un portefeuille personnel, ou convertir en euros.
Binance en France : la situation en un tableau
| Question | Réponse au 13/10/2026 |
|---|---|
| Entité Binance dans le registre ESMA ? | Non |
| Binance sur la liste blanche PSCA de l’AMF ? | Non |
| Le statut PSAN suffit-il encore ? | Non, depuis le 1er juillet 2026 |
| Les cryptos sont-elles bloquées ? | Aucun texte officiel ne l’indique |
| Transfert vers un portefeuille personnel imposable ? | Non, ce n’est pas une cession |
Ce qui a changé le 1er juillet 2026
Le règlement MiCA s’applique aux prestataires depuis le 30 décembre 2024. Les acteurs déjà actifs sous le régime français (PSAN, loi Pacte) ont eu une période transitoire jusqu’au 1er juillet 2026 pour obtenir leur agrément. Selon l’AMF, depuis le 2 juillet, « le cadre européen s’applique désormais à l’ensemble des acteurs sans distinction ». Les sociétés qui n’avaient que l’ancien statut PSAN « ne sont plus autorisées à proposer leurs services aux investisseurs » et doivent informer leurs clients du devenir de leurs cryptos.

Les plateformes concernées
| Plateforme | Registre MiCA des PSCA | Registre ESMA des non conformes |
|---|---|---|
| Binance | Absente | Aucune entrée |
| Bitget | Absente | Aucune entrée |
| MEXC | Absente | MEXC Global : mise en garde AFM (Pays-Bas) du 16/09/2025 |
| BingX | Absente | Aucune entrée |
| HTX | Absente | Une entité HTX citée par la CONSOB (Italie) |
| BloFin | Absente | Aucune entrée |
| BitMart | Absente | Aucune entrée |
| Phemex | Absente | Aucune entrée |
| PrimeXBT | Absente | Aucune entrée |
| Hyperliquid | Exchange décentralisé, pas un PSCA | Sans objet |
Le registre des prestataires non conformes recense les sociétés qu’une autorité nationale a désignées pour avoir fourni des services sans agrément MiCA. Pour MEXC Global, l’autorité néerlandaise (AFM) a constaté une violation de l’article 59 de MiCA et publié une mise en garde. L’absence d’une plateforme de ce second registre ne vaut pas autorisation : seul le registre des PSCA compte.
Le cas d’Hyperliquid
Hyperliquid est un exchange décentralisé : des contrats intelligents remplacent la société qui conserverait les fonds. Aucune entité n’est donc autorisée, aucun service client n’est responsable, et ses contrats perpétuels à effet de levier sont des produits très risqués.
Les trois options selon l’AMF
Pour les clients d’une plateforme sans autorisation, l’AMF recommande de se renseigner sur les modalités de cessation d’activité et sur les mesures prévues pour transférer les cryptos.
| Option | Pour qui | Points d’attention |
|---|---|---|
| Transférer vers un PSCA autorisé | Continuer à acheter et vendre facilement | Contrôle d’identité à refaire, frais de retrait réseau |
| Transférer vers un portefeuille personnel | Garder ses cryptos sur le long terme | Responsabilité totale de la phrase de récupération |
| Convertir en euros | Sortir du marché | Cession imposable si les ventes de l’année dépassent 305 € |
Option 1 : une plateforme autorisée
Coinbase, Kraken, Crypto.com, Bitpanda, OKX, Bybit (via bybit.eu), KuCoin EU, Gate ou les françaises Coinhouse, Paymium et Meria sont autorisées. La liste complète figure dans le comparatif des plateformes autorisées.
Option 2 : un portefeuille auto-hébergé
Un portefeuille matériel garde les clés hors ligne.
Option 3 : la conversion en euros
La vente contre euros est une cession. Téléchargez les historiques avant de fermer le compte.
Transférer ses cryptos pas à pas
- Faites l’inventaire des soldes et téléchargez l’historique des transactions au format CSV.
- Ouvrez un compte sur un PSCA autorisé ou préparez le portefeuille matériel.
- Copiez l’adresse de dépôt et contrôlez le réseau : une erreur de réseau peut faire perdre les fonds.
- Faites un petit transfert test, attendez sa réception, puis envoyez le reste.
- Conservez les identifiants de transaction : un transfert entre vos propres comptes n’est pas une cession, mais il doit pouvoir être justifié.
Les impôts
Selon impots.gouv.fr, convertir des cryptos en euros est une cession imposable si le total des prix de cession de l’année dépasse 305 €. Un échange crypto contre crypto sans soulte bénéficie d’un sursis d’imposition. Chaque compte ouvert, utilisé ou clos sur une plateforme étrangère, Binance compris, se déclare sur le formulaire 3916-bis.
Ce que vous perdez sur une plateforme non autorisée
Une plateforme absente du registre n’applique pas les règles de MiCA sur la conservation des avoirs, le traitement des réclamations et l’information sur les frais. Selon l’AMF, en cas de litige avec une société sans statut de PSCA, le seul recours passe par la justice de son pays d’origine, souvent dans une autre langue que le français, et les chances de récupérer des fonds en cas d’escroquerie sont très minces. Le médiateur de l’AMF n’est pas compétent.
Les arnaques de la période de transition
L’AMF met en garde contre les escrocs qui profitent de la fin de la transition :
- Usurpation d’identité : de faux sites copient des sociétés autorisées. L’adresse du site doit être identique à celle de la liste blanche.
- Démarchage : des sociétés non autorisées contactent les détenteurs pour les pousser à transférer leurs cryptos vers leurs sites.
- Clés privées : ne les communiquez jamais, à personne. Aucune plateforme légitime ne les demande.
Au moindre doute, contactez AMF Épargne Info Service. Une victime d’arnaque ne peut que porter plainte auprès des autorités judiciaires.
Ce que surveillent l’AMF et l’ESMA
Selon son communiqué du 6 juillet 2026, l’AMF suit, avec l’ESMA et les autres autorités nationales, la mise en œuvre des plans de cessation ordonnée d’activité des acteurs sans agrément, conformément à la communication de l’ESMA du 23 juin 2026. Sa priorité est la préservation des intérêts des clients. Elle rappelle aussi aux PSCA qui accueillent des clients transférés qu’ils doivent réaliser les contrôles prévus contre le blanchiment : attendez-vous à un contrôle d’identité complet à l’ouverture du nouveau compte.
Avant de fermer votre ancien compte
- Téléchargez l’historique complet des transactions, au format CSV si possible, pour chaque année d’utilisation.
- Notez les soldes par crypto et par réseau à la date du transfert.
- Conservez les courriels de la plateforme sur la cessation d’activité.
- Gardez la trace des frais de retrait payés : ils servent à reconstituer vos opérations.
Et les produits dérivés ?
Les contrats perpétuels et les autres produits dérivés proposés par les plateformes non autorisées ne relèvent pas de MiCA. En France, les CFD sur crypto-actifs ne peuvent être vendus que par un prestataire de services d’investissement agréé, avec un effet de levier plafonné à 2 selon l’AMF.
Les questions à poser à votre ancienne plateforme
L’AMF demande aux prestataires sans agrément d’informer leurs clients du devenir de leurs crypto-actifs, et conseille aux détenteurs de comparer les conditions de chaque option, notamment les frais et le délai de traitement. Avant de bouger vos fonds, obtenez par écrit :
- la date à partir de laquelle les dépôts, les achats puis les retraits seront fermés ;
- les réseaux disponibles pour chaque crypto et les frais de retrait associés ;
- le délai de traitement annoncé pour un retrait en crypto ou en euros ;
- le moyen d’obtenir l’historique complet des opérations après la fermeture.
Une plateforme non autorisée qui vous relance pour ouvrir un nouveau produit ou déposer de nouveaux fonds n’a pas le droit de vous démarcher en France.
Questions
Les cryptos sur Binance sont-elles perdues ?
Aucun texte officiel ne l’indique. L’AMF demande aux prestataires non autorisés d’informer leurs clients du devenir de leurs crypto-actifs. Gardez une trace des soldes et transférez-les vers une solution autorisée ou auto-hébergée.
Un VPN permet-il de continuer ?
Non. Contourner une restriction géographique ne rend pas le service légal en France et peut entraîner la fermeture du compte.
Binance peut-elle revenir ?
Une plateforme peut obtenir un agrément MiCA à tout moment. Contrôlez la liste blanche de l’AMF et le registre de l’ESMA avant toute réouverture de compte.
Faut-il déclarer un compte Binance fermé ?
Oui. Le BOFiP vise les comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos dans l’année.
Mis à jour le 13 octobre 2026.
Sources
- AMF, listes blanches des PSCA
- ESMA, registre intérimaire MiCA des PSCA (CSV)
- AMF, entrée en application de MiCA : conséquences pour les détenteurs
- AMF, investir en crypto-actifs : quel professionnel choisir ?
- AMF, fin de la période de transition loi Pacte et MiCA (6 juillet 2026)
- ESMA, registre des prestataires non conformes (CSV)
- impots.gouv.fr, déclarer les plus ou moins-values sur actifs numériques
- BOFiP, BOI-RPPM-PVBMC-30-30
